Joseph Delaunay
(Lettre juillet 2014)
Yport est effectivement un exemple en matière d’aménagement et de protection du Patrimoine.
C’est un charmant petit village qui a su conserver et entretenir les règles d’une architecture qui en fait sa personnalité. « Les Yportais en ont une qui leur est propre, qui les rend attachants et déterminés ». L’histoire de la construction de leur église en témoigne.
Le livre de Joseph DELAUNAY paru en 1994, Yport commerçants, artisans, petits métiers d’hier… d’aujourd’hui en fixe bien la nature. Les Fêtes du 15 août chaque année représente un évènement régional. On parle encore de l’année 1992 à Yport qui a marqué le 150ème anniversaire de sa création, avec quelques bénévoles engagés comme Alain Bergebosc, Joseph Delaunay, Francis Granguillot, A.F Lemarchand, JP Lethuillier, et Pascal Vaudry.
Il est agréable de musarder et de se laisser descendre vers la mer à travers les rues qui rayonnent d’une véritable unité architecturale et puis on constate une prise de conscience chez les propriétaires qui restaurent leurs façades dans le souci du passé, en disant « cela nous coûte plus cher mais c’est tellement mieux ! ».
Joseph Delaunay en commençant son livre propose de découvrir le village à partir de la rue du Docteur Gouverne, ce qui offre un réel intérêt, mais la vue d’Yport que nous proposons du milieu de la côte Yport/Vattetot est saisissante par l’unité de ses toitures ce qui en fait un véritable chef d’œuvre d’unité architecturale.
Yport : une commune de caractère !
(Lettre juillet 2014)
Le 18 avril 1842 est une date mémorable dans l’histoire de la bourgade. Ce village de pêcheurs, riche de 1600 âmes a obtenu son affranchissement vis-à-vis de Criquebeuf-en-Caux, commune d’à peine 300 habitants. Yport devenait commune par une ordonnance royale de Louis-Philippe dès le 1er janvier 1843. C’était une juste reconnaissance pour sa population qui avait œuvré pour obtenir son indépendance.
L’église Saint-Martin au cœur du village
Les Yportais, dotés d’un caractère bien trempé et décidé, ont entrepris de bâtir eux-mêmes leur église sur la suggestion d’un voyageur allemand, Jacob Wendey, en faisant référence aux habitants de Maison-Rouge près de Paris. L’édification d’un tel édifice trottait dans la tête des habitants depuis 1792. L’idée fit alors son chemin et neuf propriétaires yportais achetèrent une parcelle de 43 ares et 43 centiares (soit 4343 m2) payables en deux fois, le 14 février 1838 et le 10 février 1840.
A la fin de l’année 1838, grâce à la participation de tous, pêcheurs qui ramassaient moellons et cailloux sous les falaises, ceux qui par bateau ramenaient de Fécamp du bois de construction, maçons et charpentiers qui offraient leur savoir-faire et leur bras, mareyeurs et charpentiers qui prêtaient charrettes et chevaux, femmes et enfants devenus porteurs d’eau et qui gâchaient le mortier; l’église et son presbytère étaient presque achevés.
L’édifice avait 40 mètres de long et 10 mètres de large.
L’habitat yportais au XIXe siècle
La plupart des maisons blotties les unes contre les autres sont de plain-pied et rares sont celles qui ont un étage. Leur toiture est en chaume ou en paille comme les chaumières du plateau de Caux. Les murs sont en torchis. Puis, peu à peu, les toits se couvrent d’ardoises aux reflets tantôt gris-bleu, tantôt argentés, selon la couleur du ciel. En 1841, un arrêté municipal impose l’ardoise à la plupart des habitations afin de limiter les risques d’incendie même si l’on compte encore quelques bâtisses couvertes en chaume.
Yport, une station balnéaire
Dès 1855, Yport est reconnue station balnéaire aux effets bénéfiques de la balnéothérapie. Nombreux sont les touristes qui profitent du bon air iodé de la mer. Pendant la saison estivale, huit trains quotidiens, sans changement de voiture, relient Paris Saint-Lazare à Yport en 3 heures. En 1864, le registre des délibérations municipales recense 300 baigneurs.





Les maisons de pêcheurs du Pays de Caux
(bulletin n°53 Année 2016-2017)